Le "cozonac" c'est le gâteau traditionnel des Roumain. Il est de toutes les fêtes, à Pâques comme à Noël, au baptême comme au mariage. Toutes les maîtresses de maison ont une recette qu'elles tiennent de leur mère, qui l'avait tenue de sa mère et ainsi de suite. Le premier "cozonac" se perd dans la nuit des temps, d'une cuisine où il y avait déjà la levure. À la campagne, on en faisait d'énormes quantités et on brassait la pâte dans le pétrin en bois et, naturellement, pour la confection, le mari ou le grand fils avait sa part, s'il le voulait bien...La douce pâte doit être bien pétrie jusqu'à ce que des bulles d'air apparaissent.
Le "cozonac" est une liturgie, un rite magique. Il a ses secrets, son ambiance, ses lois. Tout doit être propre. On s'oblige à se concentrer, à le préparer avec soin et amour, dans une cuisine où il fait chaud, où les portes ne doivent pas claquer où il ne doit pas y avoir de courants d'air (la pâte ne lèverait plus!)...Enfin, la cérémonie de la préparation du "cozonac" doit trouver la maîtresse de maison, pure de corps, la paix en l'âme et le repos dans l'esprit. Car si le gâteau n'est pas réussi, on a sûrement enfreint quelque règle ancestrale...
D'après les régions, on met dans la pâte plus ou moins d'oeufs. Plus au printemps, lorsque les poules ont picoré toutes sortes d'herbes nouvelles dans la cour familiale, un peu de chaux sur le mur de la maison et de succulents vers de terre et insectes sortis de leur trou à l'appel du soleil, et - en grand mystère - pondu cette merveille unique qu'est l'oeuf!
Ingrédients
Deux livres de farine
Dix onces de beurre
13 c. à soupe de sucre
8 oeufs
Une chopine de lait
Une c. à soupe de rhum
Une once de levure (du boulanger)
Une pincée de sel
On dilue la levure dans du lait un peu tiède en ajoutant un peu de sucre. Dans un autre récipient, on ébouillante 3-4 cuillerées de farine avec du lait très chaud en mélangeant vigoureusement pour éviter les grumeaux. Lorsque le mélange est devenu tiède, on ajoute le levain et on brasse fortement jusqu'à ce que la pâte fasse de grosses bulles. On parsème cette pâte avec un nuage de farine, on la couvre avec une serviette propre et on la laisse reposer au chaud. On mêle les jaunes d'oeufs d'abord avec du sel pour corser leur couleur et ensuite avec le sucre. On laisse reposer.
On prend le levain qu'on verse dans le reste de la farine, on ajoute les jaunes d'oeuf, un peu de lait, à peine chaud, et la moitié des blancs fouettés. On pétrit au moins une demi-heure, ramassant la pâte sur les bords et la ramenant vers le milieu en ajoutant de temps à autre du beurre fondu et du lait chaud. Attention de ne pas ébouillanter la pâte...(On verse le lait ou le beurre dans la paume ou sur la main pour pouvoir en apprécier la température). Lorsque la Pâte se détache des mains et du pétrin, on en fait une grosse boule, on la parsème de farine et on la laisse reposer quelques heures, recouverte d'une vielle nappe propre et bien au chaud, loin de la porte et de la fenêtre. Lorsque la pâte a levé et est prête à déborder, on enduit ses mains de beurre (chaud, naturellement), on prend des morceaux de la pâte qu'on tresse sur la planche enfarinée. On y ajoute des raisins secs sans pépin et on place ces nattes dans des moules beurrés, ne les remplissant qu'à moitié. On laisse de nouveau lever. Lorsqu'ils sont pleins à ras, on badigeonne la pâte d'oeuf fouetté et on met les moules au four où on les laisse à feu doux, une heure environ. Lorsqu'ils sont prêts, ils doivent être légers. On les laisse tiédir dans leurs moules, toujours au chaud. On les sort lorsqu'ils sont tièdes et les laisse refroidir sur une planche avant de les entamer.
